Notre rôle dans les écoles

2003 - Notre premier contact avec cette région du Niger se fait lors d’un voyage de coopérateurs à l'initiative de Maurice Freund pour définir la place que pourrait prendre l'hôtel de la Tapoa dans le développement de Point Afrique.

En pinasse, au fil du Niger, un petit groupe  de coopérateurs découvre les villages de la rive gauche du fleuve, déshérités depuis qu'ils ont été exclus du Parc du W. Accueillis au campement de Karey Kopto, c'est tout naturellement qu'on nous emmène visiter l'école. Le directeur, dans sa  classe de CE2/CM1, ( une trentaine d'élèves),  nous accueille avec  des enfants sages, disciplinés et attentifs. Nous assistons à une leçon de conjugaison très traditionnelle . 3 élèves sont très bons, une dizaine participe  et répond aux questions mais tout se passe dans le calme. L'école, la classe, les leçons, tout évoque les années 50 en France. le comportement des élèves est le même!

On parle des besoins nombreux: livres, matériels et consommables. 

Nous sommes accompagnés dans ce voyage par Gabriel Cohn Bendit qui parcourt l'Afrique pour créer des " classes de la 2ème chance". Il explique qu' au Niger, la scolarité,commence a 6 ans, et que ceux qui, pour des raisons d'éloignement, arrivent à 8 ou 9 ans, n'ont plus droit à l'école. Il a donc crée le Gref (devenu le REPTA aujourd'hui),  qui forme des éducateurs pour ouvrir des classes afin de permettre à ces enfants de se préparer pour l'entrée en 6ème.

 

EN 2005, lors de la création de la Poulie, nous décidons qu'il y aura un secteur "écoles" , des contacts sont pris et les besoins sont évalués.

 

2008 - C'est le démarrage de l'association. En mars, 5 personnes partent sur le terrain pour distribuer fournitures, médicaments et graines.

Ce sont: Andrée Gouget, Marcelline et Jacques Sabatier, Alain Simonneaux et moi-même, institutrice retraitée

C'est à Toundé que nous voyons notre première école. Le village ne fait pas partie des 5 villages aidés mais nous évoquons tout de même les problèmes et laissons quelques fournitures. Ecole à 2 classes en dur, plus une classe  de la 2ème chance, construite en tiges de mil. Une classe est fermée ( maître malade), il y a 21 élèves au CE, et 9 dans la classe de la seconde chance. Fréquentation très irrégulière.

Arrêt à Karey Kopto: une grosse déception nous attend: une classe a été fermée, il reste 21 élèves dont 7 filles et  un jeune maître peu formé, mais plein de bonne volonté. L'école de la seconde chance est logée dans la classe en dur laissée libre.Nous faisons connaissance de Kadri qui nous semble très qualifié!

Il nous explique le manque de contrôle de l'obligation scolaire, le désengagement total de l'état et la désillusion des mères qui constatent que la réussite de leurs filles ne leur a pas donné de travail.

Bossia: 2 classes délabrées ( plafond, sols), tables et bancs  quasiment hors d'usage, ni livres, ni matériel et 2 maîtres ouverts et dévoués qui attendent tout disent ils " des touristes de passage". Ce que nous leur laissons est infime par rapport aux besoins.

Puis, c'est Kondé Kwara, il n'y a pas d'école dans ce village, mais nous sommes accueillis par toute la population qui se dit déterminée à construire une école si on les aide.

A Brigambou, c'est samedi et les 2 classes en tiges de mil sont vides. Quelques livres et des cahiers coupés en 2 par le milieu ( j'ai fait la même chose dans les années 50) 

Dans chaque école, nous laissons quelques fournitures et prenons acte de leurs besoins.

Le temps fort de notre voyage, c'est le don de livres à l'école de la Tapoa. Le directeur a le CM, sa femme et CP et le CI, une jeune enseignante fait le CE. Nous leur apportons 5 séries complètes de livres. Les représentants des parents d'élèves sont là, 3 pères fort émus. L'équipe enseignante anime des activités périscolaires: ramassage des déchets dans le village le mercredi après midi et gestion d'un jardin scolaire. Nous apprécions énormément leur travail!

 

En décembre 2009, Michel Girault, Jean-Claude Thomas et Jean Yves Théroude, accompagnés de leurs épouses apportent des séries de livres à l'école de Baniguetti, livres achetés à Niamey.

 

Avant le voyage de février 2010, le Cogezoh, notre association partenaire, nous a fourni un rapport sur les besoins quantifiés de tous. Nous sommes encore une petite équipe de 5 personnes. Denis et Sylvie Coste, Marie France Gueyffier, Gérard Duflot , et moi. Notre arrivée se fait donc à la librairie Daouda où nous essayons d' accéder aux désirs des enseignants en fonction de nos disponibilités.

Boumba : 3 classes dans des locaux corrects. Nous voyons le directeur qui sort de l'EN, désenchanté par le niveau de ses élèves, le  petit nombre de filles et le manque d'intérêt des enfants pour l'école.

Brigambou: 2 classes neuves, superbes,construites par  le Luxembourg avec des toilettes sèches au fond de la cour. C'est devant le CoGes que nous donnons les fournitures demandées.

Bossia: 2 classes toujours aussi délabrées et nous ne voyons que l'adjoint de 21 ans qui a débuté le mois dernier, il est plein de bonne volonté et croit en la mission de l'école, mais aurait besoin d'être conseillé. Nous décidons de porter nos efforts en 2011 sur cette école.

Kondé Kwara: il n'y a pas eu de construction,  et  les parents n'envoient presque plus leurs élèves à Bossia au vu  des mauvais résultats obtenus.

Karé Kopto, je revois l'instituteur déjà rencontré, mais chez lui car c'est dimanche. Ses préoccupations: le niveau si bas, la désaffection des filles pour l'école et le manque total de fournitures.

Toundé: en cet après midi de dimanche, l'instituteur n'est pas là

Baniguetti:  nous avons une conversation très intéressante avec le directeur., constatons qu'il fait du bon travail et les représentants du Coges se sentent concernés par le devenir de l'école..

Partout, nous laissons livres et fournitures demandés. Le matériel ( carte, globe, thermomètre etc...) est très apprécié.

 

 J'ai beaucoup parlé pédagogie et constate que le manque de formation est évident et qu'en ces villages déshérités les maîtres sont presque tous débutants! Je propose de passer à Niamey, pour étudier les livres du maître  aussi utiles que les manuels scolaires.  Lawall leur fera parvenir les colis!

Un passage rapide à l'école de la Tapoa nous permet de voir ce qui est idéal pour une motivation à l'obligation scolaire et pour une réussite des élèves! 

 

En conclusion nous suivons 3 règles: acheter livres, matériels et fournitures à Niamey, en fonction du choix des maîtres, nous appuyer sur les Coges ( conseil de Parents d'Elèves ) et impliquer au maximum le village entier. 

Un regret, ne pas avoir encore réussi des jumelages avec des écoles françaises car c’est le souhait des instituteurs.